Vers une « Charte du bon usage de Googledoc »?

Je me propose de lister ici, à partir de mon expérience de travail à distance en utilisant Googledoc (l’an dernier et cette année),  les éléments qui ont facilité la communication et la collaboration. Pourquoi pas élaborer un jour une « Charte du bon usage de googledoc pour le travail collabaratif »?

Voici un article de Lee-Diane que j’ai trouvé très intéressant. Il s’agit d’un retour d’expérience suite à notre expérimentation de pratiques de travail collaboratif à distance dans un groupe de 5 personnes.

« Regard sur la formation à distance : Première expérience de l’écriture d’un projet en groupe dans une FOAD ».

Pour aller plus loin, je me propose de lister ici, à partir de mon expérience de travail à distance en utilisant Googledoc (l’an dernier et cette année),  les éléments qui ont facilité la communication et la collaboration. Pourquoi pas élaborer un jour une « Charte du bon usage de googledoc pour le travail collabaratif »?

Quelques idées dans cette direction…

1/ Avant de commencer à travailler, utiliser le Googledoc pour avoir un seul document où chacun peut donner ses disponibilités (plutôt qu’une multitude de mails échangés dont il faut ensuite faire la synthèse). En début de travail, on peut aussi en profiter pour se présenter par écrit!

2/ Dès le début également, établir un code couleur:  une couleur différente par intervenant.

Ces premiers éléments (nom des participants, disponibilité, code couleur) doivent toujours rester en début de document.

3/ Préférer l’utilisation de la fonction « Commentaire » à l’insertion directe d’un commentaire à l’intérieur d’un paragraphe dont on souhaite discuter un point. Cela permet d’une part que le document reste lisible, d’autre part de ménager les susceptibilités.

4/ Faire des sauvegardes fréquentes! Et éviter autant que possible de travailler directement sur le googledoc (en cas de bug, risque de perdre beaucoup!).

5/ Ecrire lisiblement! C’est à dire en développant assez ses idées pour qu’elles soient compréhensibles par les autres. En essayant aussi de ne pas surcharger… Cela peut être aussi un obstacle à la lisibilité!

6/ Dans le cas de l’utilisation du googledoc pour préparer une réunion audio, si chacun doit avoir lu le travail des autres pour pouvoir en discuter tous ensemble, chacun doit faire en sorte d’avoir publié sa part de travail au plus tard une demi-journée avant l’horaire prévu pour la réunion. Ceux qui ont une vie professionnelle et une vie familiale à côté de leur formation auront moins de difficulté à dégager un créneau pour préparer la réunion.

7/ Les documents de référence et les traces que l’on souhaite conserver doivent être « rangés » à la fin du document : c’est le début du document qui va servir d’espace de travail. Lorsque l’on a terminé une session de travail, les éléments finaux produits sont à reclasser vers la fin du document, en laissant l’espace libre au début du document pour une nouvelle session.

Voilà tout ce que j’ai en tête pour l’instant. Cette liste est bien sûr discutable, prolongeable, modifiable… J’aurais pu la publier sur un googledoc!

Pourquoi Twitter fait peur..

Quand on est en formation à distance, il n’est pas toujours simple de trouver la juste distance permettant de bien communiquer avec ses pairs. La co-présence physique en face à face permet de désamorcer bien des malentendus. Dans le cadre d’une formation où les apprenants ne se rencontrent pratiquement jamais, et ne rencontrent jamais les professeurs, un mail maladroit, un post jeté à la va-vite sur un forum ou un avatar mal choisi peuvent vite  être mal interprété… Des études ont prouvé le stress supplémentaire lié à des situations de communication asynchrones, et l’aspect souvent ressenti comme « froid » d’une information communiquée par mail, en comparaison avec la même information communiquée de vive-voix ou même par courrier écrit. (cf, au sujet des problèmes liés à la communication par mail, cette charte publiée en 2011 par l’Observatoire de la Responabilité Sociétale des Entreprises, assortie d’une bibliographie complète)

Chaque nouveau média nous oblige à adapter notre communication à ses spécificités pour faire en sorte que notre message « passe » et soit justement interprété à l’autre bout de la chaîne.

Rien d’étonnant à ce que nous soyons parfois réticents à nous lancer dans une nouvelle aventure communicationnelle. Pour ma part, j’ai ouvert un compte Twitter en début d’année, pensant que c’était l’occasion ou jamais de tester ce nouveau média. Et puis d’autres priorités on pris le dessus… Il n’était déjà pas évident de bien me tenir au courant des différents forums de la plateforme de formation du master, et d’y intervenir avec pertinence et efficacité. A l’origine, je pensais répercuter chaque post de mon forum sur Twitter et utiliser Storify pour concevoir mes articles. Finalement, je n’ai pas réussi à me convaincre moi même que ce que j’écrivais pouvait avoir un intérêt pour d’autres, et je n’ai pas donné suite à ce projet.

Il faut pourtant que je m’y remette, car c’est une des demandes explicites du cours Web 2.0 et usages dynamiques.

J’espère trouver rapidement l’art de m’exprimer en 140 caractères « de manière percutante et synthétique »!

Je donnerai plus de nouvelles d’ici la fin de l’année sur mes progrès en la matière.

Quelques outils

La page « Quelques outils » que j’avais crée dès l’ouverture de mon e-Portfolio restait jusqu’à présent désespérément vide… J’ai enfin réussi à me motiver pour la compléter!

Il s’agit d’outils qui me semblent indispensables pour travailler sur la conception et la mise en ligne de ressources d’enseignement à distance et que j’ai eu l’occasion d’expérimenter.

Il y en a certainement d’autres, n’hésitez pas à me faire savoir par commentaire si il vous semble que ma liste laisse de côté un petit programme ultra pratique de votre connaissance. Je suis intéressée!!!

– Domaine audio-visuel:

  • Des ressources libres! J’ai rassemblé l’année dernière dans un de mes  pearltrees quelques banques d’images libres de droits pour illustrer des documents pédagogiques. La plus intéressante est celle qui est liée au projet Openclipart. Les autres ne sont pas toujours très fiables. http://www.pearltrees.com/#/N-s=1_5163149&N-fa=3886614&N-u=1_462384&N-p=44837597&N-f=1_5163149&N-reveal=5
  • Travail sur l’image: TheGimp est un logiciel gratuit qui propose énormément de fonctionnalités. Un peu complexe à prendre en main, mais il y a pas mal de tutoriels en ligne!
  • Travail sur le son: Audacity, on ne le présente plus! Pour le montage, c’est très pratique. Permet aussi de travailler sur le son. Se prend en main facilement.
  • Pour capturer de l’image ou de la vidéo (captures d’écran…): Fatstone Capture est très efficace et très simple d’utilisation. Vous voyez, les vidéos de tutoriel avec la flêche qui bouge lentement d’un onglet à l’autre? Eh bien, vous pouvez faire pareil. C’est vraiment à votre portée.

– Exerciseurs et créateurs de ressources :

  • Hotpotatoe: Permet pas mal de choses: mots croisée, exercices de correspondance entre différents éléments, questionnaires… Possibilité de personnaliser la présentation (couleurs et police, fond de page)
  • Netquizzpro: Donne un résultat très clean, avec possibilité de personnaliser la présentation ( fond de page). Parfait pour réaliser de petits questionnaires en ligne que vous pouvez associer à un cours.
  • Opalesup: C’est triste de le mettre dans une liste d’exerciseurs! Opalesup  est une chaîne de publication éditoriale qui permet de créer des ressources de cours en ligne (texte aussi riche que vous le souhaitez et exercices évaluatifs) via une interface intelligente qui aide à matérialiser la structure sémantique du cours. Accessoirement, les cours sont publiable au choix en format SCORM, html ou PDF, avec une présentation adaptée au support! Il faut savoir que le projet Scenari comprend plusieurs autres chaînes de publication éditoriales adaptées à différents besoins. Opale correspond aux besoins universitaires.

– Domaine informatique/plateformes:

  • Claroline est une plateforme assez basique (peut-être un peu trop basique), libre et que vous pouvez installer en interne pour en tester les fonctionnalités…
  • Vous aurez sans doute besoin de Wamp ou de son équivalent pour Mac pour installer votre serveur local si vous voulez voir de plus près à quoi ressemble vraiment Moodle, Claroline ou Chamillo… Pour les quasi-ignares en informatique, Wamp semble être un outil magique auquel on voudrait faire des offrandes pour que tout fonctionne bien.

( Quand on le fréquente un peu, on finit par comprendre qu’il s’agit bien d’un serveur apache associé à une base de données MySQL et à du langage de script Php. )

Je crois que ma liste s’arrête là pour aujourd’hui. N’hésitez pas à me faire des retours pour l’allonger!

De près ou de loin…

Etait-ce particulièrement difficile de suivre cette formation à distance? Je n’ai pas eu la sensation d’être livrée à moi-même. Je crois que j’ai eu plus la sensation d’être seule en L3 LM à Paris 4, alors que j’étais physiquement en présence d’étudiants très nombreux et de professeurs très inaccessibles du haut de leur chaire.

Quand je dis que je suis une formation à distance, les personnes qui sont en face de moi ont souvent une réaction du type: « Ah, cela ne doit pas être facile, hein? Tu arrives à rester motivée? ».  Eh bien, oui. J’ai eu l’occasion d’expérimenter la chose trois fois dans ma vie: une préparation à un concours avec le CNED voici 4 ou 5 ans, un cursus de master 1 l’an dernier, et enfin le master 2 que je suis cette année.

Dans les deux premiers cas, les choses se sont bien plutôt bien passées: j’ai fait la connaissance de personnes très sympathiques avec lesquelles j’ai eu plaisir à travailler, j’ai suivi les cours avec intérêt, et j’ai j’ai terminé l’année honorablement.

Il y a une nuance à faire entre ces deux expériences: dans le cas des cours du CNED, il s’agissait uniquement de cours sur papier. Je renvoyais mes devoirs écrits qui étaient corrigés et un professeur me retransmettait sa correction, par écrit. Je n’ai jamais rencontré de tuteur, et le seul dispositif en ligne qui était mis à notre disposition était un forum, par le biais duquel j’ai pu rencontrer deux autres personnes vivant dans la même zone géographique que moi. Nous nous sommes donné régulièrement des rendez-vous de travail dans une bibliothèque, et l’émulation et la collaboration on si bien fonctionné que nous avons eu tous les trois notre concours.

L’an dernier, le dispositif était à distance mais un grand nombre d’étudiants (plus de la moitié) vivaient dans la même zone géographique que moi. Lors d’un regroupement de rentrée qui a duré plusieurs jours, et auquel participaient aussi des étudiants venus de loin (Nouvelle-Calédonie!), nous avons eu l’occasion de faire connaissance. Cela nous a permis de commencer l’année en ayant déjà quelques repères, quelques visages connus et quelques sympathies. Nous avions aussi à cette occasion, et cela n’est pas négligeable, rencontré la plupart des professeurs. Par la suite, nous avons travaillé essentiellement à distance, même si nous habitions pour certains dans la même ville. Le contact qui avait été établi en début d’année nous a permis de travailler ensemble à l’aide des moyens de communication à distance. Ces moyens n’étaient globalement pas ceux de la plateforme, qui nous servait surtout à trouver nos cours et les consignes associées. Les forums  n’étaient pas très investis. Par intervalles éloignés, certains professeurs organisaient une réunion sur skype pour communiquer avec nous. C’était l’occasion de demander des précisions sur un exercice ou un devoir à rendre.

Etait-ce particulièrement difficile de suivre cette formation à distance? Je n’ai pas eu la sensation d’être livrée à moi-même. Je crois que j’ai eu plus la sensation d’être seule en L3 LM à Paris 4, alors que j’étais physiquement en présence d’étudiants très nombreux et de professeurs très inaccessibles du haut de leur chaire.

Pour peu que l’organisation pédagogique soit intelligemment conçue (des objectifs d’apprentissages et des consignes claires), et que les étudiants soient suffisamment indépendants et autonomes dans leur travail, une formation à distance peut être un dispositif très efficace qui permette des rencontres humainement riches et des apprentissages approfondis. Cependant,un élément à mes yeux essentiel est qu’un contact soit établi d’apprenants à apprenants. Dans le cas de la formation suivie par le CNED, je n’ai eu, à part les corrections de mes devoirs, aucun contact avec des professeurs. J’avais des documents à parcourir et à apprendre, et des consignes à suivre. Le fait de rencontrer d’autres apprenants m’a permis de travailler plus régulièrement et de communiquer sur les difficultés que je rencontrais. Le regain de motivation que cela m’a procuré m’a énormément aidé au cours de l’année.

Certes, ces rencontres était physique. Mais je pense qu’une rencontre et une discussion sur skype peut dans une certaine mesure remplacer une rencontre physique.

Il est en tout cas très important à mes yeux de donner aux apprenants l’occasion de se voir, et à défaut, de s’entendre. L’utilisation de BBB pour faire des classes virtuelles lors des lundis du master AIGEME est pour l’instant un peu chaotique pour des raisons de planning et d’organisation. Je pense néanmoins que cela peut représenter un très bon outil pour permettre ce contact entre apprenant et apprenants, et entre apprenants et professeurs, qui soutient la motivation.