A propos de compatibilité SCORM

Dans le cadre de mon stage l’an dernier et de mon M1 GefNUm à L’université Paul Valéry – Montpellier 3, j’ai eu l’occasion de découvrir et de maîtriser assez bien l’outil Opale de la chaîne éditoriale Scénari.

Deux de mes enseignants proposaient leurs cours sous format Opale sur la plateforme Moodle de l’université, et je peux témoigner du point de vue de l’apprenant qu’il est très agréable d’avoir une interface claire, lisible, avec un menu accessible sur le côté permettant de se diriger vers tel ou tel point du cours, et un suivi de la dernière page ouverte, plutôt qu’une sorte de dépôt où l’on trouve des PDF, powerpoint ou autre document texte, et des liens entreposés à la suite les uns des autres, ce qui est le cas de la plupart des « cours en ligne » auxquels j’ai pu accéder durant ces deux années de formation à distance . Le fait qu’Opale puisse contenir des activités d’apprentissage ne gâche rien. Le fait qu’il soit très intuitif et facile à prendre en main pour les professeurs est bien sûr un élément positif. Le fait que l’on puisse, à partir d’une seule saisie du cours, produire un document PDF, une présentation type ppt, ou un module visualisable en ligne avec en bonus la possibilité d’un suivi SCORM… sont des cerises sur le gâteau.
Bref, j’ai assez rapidement identifié là un outil libre avec un potentiel très intéressant. Cette année aussi, l’établissement d’enseignement supérieur où je fais mon stage utilise des modules Opale déposés sur une plateforme Ganesha, avec un suivi SCORM très poussé (pages consultées, taux de réussite aux exercices) qui permet de valider de la formation initiale comme de la formation continue.
Le seul souci avec le SCORM d’Opale est lié au fait que le SCORM n’est pas réellement normé. Les plateformes telles que Moodle, Claroline, Dokeos, Ganesha interprètent le standard chacune à sa manière, et une module dit « SCORM » ne donnera jamais un suivi optimal sur l’ensemble des plateformes qui disent « accepter le SCORM ». Pour contourner ce problème lié à des différences dans l’interface des différentes plateformes, Opale propose des publications SCORM dédiées à certaines plateformes .
Mais l’intégration n’est pas toujours optimale. Sur Ganesha, elle était très bonne. Malheureusement Ganesha n’est plus développé depuis de nombreuses années, ce qui expose ses utilisateurs au risque d’un bug incontrôlable, et n’est pas très fonctionnelle du point de vue de l’ergonomie de l’interface utilisateur: outils de chat et de forum assez datés, difficulté à naviguer entre les différents niveaux hiérarchiques d’un cours… Oublions donc Ganesha.
Sur les forums d’utilisateurs Moodle consacrés à l’intégration des modules Opale, il semble que différents défauts soient relevés… Personnellement, j’ai testé l’import de modules sur la plateforme moodle de l’université, et je constate qu’il n’y a pas de tracking. De plus, le problème avec Moodle est son ergonomie un peu complexe qui fait souvent peur aux équipes de formateurs, et qui (je peux en parler en connaissance de cause) n’est pas toujours très agréable pour l’apprenant.
Je suis allée voir du côté de la Belgique et de l’hispanophonie. Chamillo (la LMS latino) n’intègre pas les supports SCORM, ou en tout cas le fait très mal. Claroline (de l’UCL) m’a semblée beaucoup plus intéressante. Elle accepte le SCORM: les modules mis en ligne donnent bien lieu à un tracking (chaque page ouverte est indiquée comme telle, et les activités d’évaluation donnent un pourcentage global de réussite). Elle a une interface simpliste, mais c’est cela que je cherchais. J’ai donc orienté l’équipe de formation au sein de laquelle je travaillais vers une création de cours Opale proposés sur une plateforme Claroline. Avouons le tout de suite, rien n’est parfait en ce monde, Claroline accepte le SCORM, mais au prix d’une régénération de la page toutes les 5 secondes qui peut être agaçante. De plus, le menu des modules scormés n’est pas cliquable: il faut passer par une petite flêche en bas de ce menu pour accéder à la page suivante. De toutes façons, le lieu où j’étais envisageait dans un premier temps la mise en place d’une plateforme dédiée à de l’autoformation, sur laquelle il n’était pas indispensable de connaître précisément le comportement des apprenants. Rien ne les empêchait de mettre en ligne des modules MonoSCO, sans tracking, avec une interface plus conviviale.
Bien… J’en viens au vrai sujet de ce post. Cela fait un moment que je réfléchis sur ces questions. Je fais une sorte de veille, je fais parfois un tour sur les forums pour savoir s’il y a du nouveau. Et en en ce moment, il y a du nouveau: la nouvelles plateforme Claroline Connect, qui sortira en version beta en septembre 2013. La grande question, pour moi, c’est: quelle intégration des modules SCORM? Quelle compatibilité avec des modules crées sous Opale? Opale est un outil extrêmement intéressant qui est de plus en plus utilisé dans les établissements supérieurs français. La nouvelle plateforme élaborée conjointement par L’UCL et Lyon a l’air vraiment très prometteuse (outils du web 2.0, favorisant le travail de groupe…). Ce serait formidable de pouvoir unir ces deux outils!
Quelques signes montrent que du côté de Claroline Connect, on n’oublie pas la possibilité d’un import SCORM, et que l’on connaît les possibilités offertes par Opale. Sur la version de démo proposée depuis la semaine dernière (http://dev.claroline.net/), il y a la possibilité d’un import SCORM 1.2:
Capture Scorm Claroline

Et lors de la Journée des Utilisateurs de Claroline, qui a eu lieu la semaine dernière, une personne a fait un exposé sur les solutions Scenari, et en particulier sur Opale. J’espère qu’ils n’oublieront pas que le suivi des apprenants est souvent recherché par les établissements et les organismes de formation, et qu’ils sauront s’accorder avec les équipes de l’ICS de l’UTC de Compiègne qui développe Scénari, pour trouver des solutions facilitant l’intégration des modules SCORM multi-sco dans Claroline Connect.

A suivre!

Encore les MOOCs… Nouvelle ressource, nouvelle analyse

itypa

http://itypa.mooc.fr/node/16

Je propose ici une ressource un peu « datée », puisque le MOOC ITyPA (Internet : Tout y est Pour Apprendre) est fini depuis longtemps, mais qui peut toujours présenter un intérêt pour qui chercherait à comprendre ou à faire comprendre sur quoi repose un MOOC connectiviste. Il s’agit du support proposé aux apprenants lors de la semaine 7, consacrée aux communautés d’apprentissage et de pratiques en ligne.

Le paradoxe avec cette ressource est qu’elle n’est pas conçue pour être utilisée en dehors du MOOC : ITyPA étant un MOOC d’inspiration plutôt connectiviste, quelle valeur accorder à ces ressources dès lors qu’elles ne font plus l’objet d’une appropriation active par la communauté ? Dans le même temps, la communauté ITyPA existe encore, et je pense que cela ne déplairait pas aux créateurs d’ITyPA de voir de nouveaux ITyPIens venir grossir les rangs de ceux qui ont déjà développé une réflexion sur leur environnement numérique d’apprentissage et le poids de la collaboration et des réseaux… Même si les forums du MOOC sont clos, on peut encore tweeter et blogguer autour de tout cela !

Voilà l’objectif de cette 7eme semaine : mieux comprendre ce que sont des communautés d’apprentissage en ligne, comment elles fonctionnent, comment elles se créent et quelles dynamiques elles suivent.

L’approche est connectiviste et donc plutôt socio-constructiviste : l’ensemble du MOOC ITyPA propose à chacun de développer des ressources et d’orienter ses recherches autour d’une thématique et d’un domaine d’apprentissage ou de veille qui corresponde à un intérêt ou à un projet personnel. Les apprentissages se font par les analyses que les apprenants produisent et leurs réflexions à partir des supports qui leur sont proposés, par la discussion avec les autres ITyPiens (via les commentaires sur les blogs que tous tiennent, ou par les différents réseaux sociaux), par la collaboration pour produire et « capitaliser » des ressources qui synthétisent le travail commun.

Les médias proposés pour amorcer la réflexion sont plusieurs sortes : des lectures, des vidéos, mais aussi des liens vers des communautés d’apprentissage existantes. Il n’y a aucune consigne, pas d’activité demandée, hormis d’avoir une attitude réflexive et de partager ses analyses ou ses réactions avec la communauté. Christine Vauffrey, rédactrice en chef de Thot Cursus et faisant partie des concepteurs d’ITyPA, compare le travail du concepteur d’un CMOOC à celui d’un jardinier paysagiste qui se contente de préparer le chemin par lequel les apprenants vont passer : c’est bien à eux qu’il revient en dernier recours de choisir de passer là en même temps que les autres apprenants, et de développer au contact de cet environnement un certain nombre de pensées et de concepts qui vont se préciser en s’énonçant et en se débattant avec d’autres individus qui eux aussi sont passés par là, et n’ont pas forcément vu la même chose.

Forcément, c’est un peu triste de passer par là alors que tout le monde a quitté les lieux depuis longtemps. C’est un peu comme de traverser une salle des fêtes désertée. Difficile d’imaginer les interactions multiples qui ont pu fuser autour des ressources proposées. Mais c’est déjà un lieu où se trouve de quoi amorcer une réflexion… Pour éventuellement la partager avec la communauté de son choix !

PS: les considérations ci-dessus sont valables pour l’ensemble du MOOC ITyPA… Mais il m’a semblé plus intéressant et plus concret d’analyser les ressources liées à une semaine de cours. Je pense que le contenu des autres semaines mérite également un détour, même tardif!

Autour des MOOCs… Analyse d’une ressource pédagogique

http://mediaserver.univ-rennes1.fr/videos/?video=MEDIA130116095338232Capture

Ce cours filmé de Sylvain Vaucaresse s’adresse aux étudiants du master MFEG de l’université de Rennes 1. Il s’agit d’un master à distance portant sur l’ingénierie de la formation à distance. Des séances de « regroupement » y sont instituées en soirée certains soirs de la semaine et pendant plusieurs journées en début de cycle. Pour les personnes distantes, ces cours sont filmés et retransmis en direct par webcast, puis ils sont mis à la disposition des apprenants sur le « mediaserver » de l’université de Rennes 1.

Ce cours a pour objectif de proposer en une heure un panorama détaillé du phénomène des MOOCs, d’en proposer un court historique et de mettre en évidence les principaux enjeux de cette dynamique.

Cette ressource relève d’une approche transmissive : les concepts énoncés ne font pas l’objet d’une recherche ou d’une appropriation active de la part des apprenants. Cependant, il faut bien voir que ce n’est probablement qu’un morceau d’une séquence d’apprentissage qui peut très bien tourner à la pédagogie de projet et au socio-constructivisme ! Le seul média utilisé est la vidéo. Il n’y a pas d’interaction entre les apprenants, ni d’enseignant à apprenant, mais, encore une fois, il s’agit d’une ressource isolée, que l’on peut comparer à une perle sortie de son collier : on ne sait pas à quoi ressemble le fil, ni à quoi ressemblent la perle de gauche et la perle de droite.

Petite disgression: le cours filmé est un format assez utilisé par les MOOCs transmissifs ou XMOOCs. Généralement, ils sont associés à des dispositifs de quizz et QCM qui servent à « vérifier » que l’apprenant a bien retenu quelque chose de ce qu’il vient de voir. De nombreux pédagogues s’élèvent contre ce qui est pour eux une manière très pauvre de concevoir l’enseignement. Voici une réaction récente en ce sens, qui émane de Marcel Lebrun, Professeur en technologie de l’Education à l’UCL, université associée à la LMS Claroline : http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/805339/de-qui-se-mooc-t-on.html

Par ailleurs Lisa M. Lane, qui anime elle-même des MOOCs destinés aux enseignants qui souhaiteraient en concevoir, remarque qu’on ne peut opposer simplement « transmissivisme » et connectivisme. En matière de pédagogie, tous les mélanges sont possibles… Et les cours filmés et les QCMs ne sont pas forcément des outils rétrogrades. http://lisahistory.net/wordpress/2012/08/three-kinds-of-moocs/

Enfin un portrait Animoto!

<a href= »http://animoto.com/play/3WMBWtkCCG0zIaP1ux0x2g »>Enfin un portrait Animoto</a>.

Cela peut paraître incroyable, mais j’ai mis deux mois à terminer ce portrait Animoto!

Idiotement, j’ai voulu commencer par trouver une musique libre de droits qui me plaise… J’ai trouvé et j’ai fait un découpage sur Audacity pour que cela dure pile 30 secondes. Mais quand j’ai voulu uploader ma musique sur Animoto, pas moyen! Elle était en trop bonne résolution.

Donc j’ai repris le problème à zéro. J’ai voulu trouver une quinzaine de photos qui pourraient faire l’affaire. Difficile de trouver une quinzaine de photos qui feraient un portrait de moi!

Finalement, j’ai eu la bonne idée d’insérer des clipart issus de l’ensemble de cliparts libres de droit par CC. Et quand j’ai fait mon montage, j’ai réalisé que je ne pouvais faire entrer dans mes 30 secondes de vidéo que 5 ou 6 photos et la même quantité de textes! Je m’attendais à ce que textes et photos soient un peu superposés, or ils se succèdent assez lentement.

Bref, j’ai perdu beaucoup de temps. Avec les prochains outils proposés au test, je commencerai par bidouiller pour bien comprendre la logique du dispositif avant de chercher les supports.

J’aime la géomatique

Cela étonne certains qui me croyaient pure littéraire  : j’ai découvert l’an dernier à l’occasion de mon stage à AgroParisTech Montpellier un domaine qui m’intéresse beaucoup. Je ne serai jamais une technicienne et mon savoir dans les domaines de la télédétection et de la géomatique restera superficiel. Mais tout cela m’intéresse et je m’y replonge avec plaisir à l’occasion de ce stage à l’Ecole des Sciences Géographiques.

Découvrir de nouveaux domaines, parfois ardus, et me plonger dedans pour en acquérir en peu de temps la connaissance nécessaire à une certaine expertise pédagogique est un des avantages que je vois au métier d’ingénieur pédagogique.

Je ne détaillerai pas tous les aspects intéressant que j’ai découverts, je me contenterai d’une citation d’un cours de cartographie qui me donne à réfléchir sur l’attitude du spécialiste et l’importance de savoir se remettre en cause:

Le roi Louis XIV avait commandé une carte dirigée vers le sud, et non vers le nord comme le veut la tradition, réalisée vers 1720 au 1/35 820 par ses ingénieurs géographes de la frontière franco-espagnole, afin d’envahir ce pays et d’aller guerroyer en Espagne. Ainsi ses armées lisaient les toponymes écrits dans le bon sens quand il y avait des relevés à accomplir, et avançaient beaucoup plus vite que l’adversaire ; Essentiel pour ce qui est du génie et des approvisionnements. Les armées de la révolution française en ont aussi profité.

Le cartographe ne doit jamais manquer de sens critique face à ses propres pratiques et à leurs conséquences, volontaires ou involontaires.

Le problème de la mise à jour des formations à distances

Une formation est mise en ligne à un instant T. Admettons qu’elle soit conçue par un établissement d’enseignement supérieur et destinée à être utilisée plusieurs années de suite. Elle contient un grand nombre de ressources qui constituent en des liens, car l’un des avantages du principe d’une formation sur internet est qu’elle est par nature ouverte sur le web. Ces liens, au bout de quelques années, sont parfois obsolètes… Les sites vers lesquels ils dirigeaient le lecteur ont été remanié, parfois ils ont disparu. Les données même qui font l’objet de l’enseignement visé peuvent avoir changé, notamment dans les domaines liés à l’informatique où des nouveautés révolutionnaires apparaissent tous les 6 mois.

Comment ne pas prendre le risque de proposer des formations obsolètes? D’abord en ayant une politique rigoureuse de relecture systématique des formations. Régulièrement, les modules de formation à distance devraient être parcourus pour déceler les liens brisés et les actualisations nécessaires.

C’est un travail fastidieux. Mais nécessaire pour pouvoir proposer des formations de qualité.

Dans des domaines où l’innovation n’est pas un problème, et où le contenu en termes de concepts et de données n’est pas censé évoluer, l’on pourrait penser à des solutions permettant d’avoir accès directement à l’ensemble des liens pour rendre leur vérification plus simple.

Par exemple, il semble possible de conserver un document spécifiquement consacré à récapituler les liens utilisés dans la formation, insérés dans une sorte de « plan du cours ». La vérification consisterait alors, tous les ans, à vérifier l’ensemble des liens, puis à réparer ou remplacer ceux présentant un défaut en s’aidant de la structure du cours pour retrouver l’emplacement du lien concerné.

Techniquement, il doit même être possible d’avoir, sur le serveur sur lequel est la formation, une page contenant l’ensemble des liens. Lorsque le lecteur de la formation ouvrirait un lien, il serait renvoyé vers un item contenant ce lien sur la page récapitulative. La vérification et la modification  des liens pourrait alors se faire directement sur cette page.